Dernière mise à jour le 21 septembre 2025
Le guide complet des codes SINPO, RST, SIO et SINPFEMO
Le langage universel de l’écoute radio
Dans la pénombre d’une station d’écoute, un passionné, connu sous le nom de “DXer”, ajuste délicatement le bouton de son récepteur.
À travers le crépitement statique des ondes courtes, une mélodie lointaine ou une voix à peine audible émerge, traversant des milliers de kilomètres.
Cette quête de signaux distants, ou DXing, est au cœur de la culture radio.
Mais une fois la station identifiée, une question fondamentale se pose : comment décrire la qualité de ce signal fugace de manière précise et universellement comprise?
La réponse se trouve dans une série de codes standardisés, un langage cryptique pour les non-initiés mais essentiel pour les communicateurs du monde entier.
Ces codes, bien plus que du simple jargon, constituent un outil de diagnostic indispensable.
Pour les stations de radiodiffusion, ils permettent d’évaluer la portée et l’efficacité de leurs émetteurs.
Pour les amateurs, ils sont la clé pour documenter leurs écoutes et leurs contacts.
Cet article se propose d’être le guide exhaustif de ces langages codés, en explorant en détail les quatre principaux systèmes : SINPO, SIO, RST et SINPFEMO.
Nous découvrirons qu’au-delà de leurs structures techniques se cache une division culturelle entre le monde de l’écoute passive des ondes courtes (Shortwave Listening, ou SWL) et celui des communications bidirectionnelles des radioamateurs, cibistes et PMRistes.
Au centre de cet écosystème se trouve la carte QSL, confirmation tangible d’une écoute ou d’un contact réussi, qui est la récompense ultime d’un rapport de réception bien rédigé.
Pour naviguer dans cet univers, il est essentiel de maîtriser quelques termes clés : le SWL, l’écouteur d’ondes courtes ; le DXing, la chasse aux signaux lointains ; et l’heure UTC (Temps Universel Coordonné), la référence temporelle mondiale pour toute activité radio.
Le code SINPO, la norme des écouteurs d’ondes courtes (SWL)
Origine et standardisation
Le code SINPO est la pierre angulaire des rapports de réception dans le monde de la radiodiffusion internationale.
Son origine est formelle et institutionnelle : il a été développé en 1951 par le Comité consultatif international pour la radio (CCIR), un organisme précurseur de l’actuel Secteur des radiocommunications de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT-R).
Cette normalisation est consignée dans la recommandation officielle ITU-R SM.1135, ce qui confère au code une reconnaissance et une autorité mondiales.
Son objectif principal est de fournir aux stations de radiodiffusion un retour d’information structuré et détaillé sur la qualité de leurs transmissions radiotélégraphiques et de radiodiffusion.
Historiquement, le code SINPO a évolué à partir d’un format antérieur utilisé par la BBC, connu sous le nom de RAISO.
Il a été conçu pour permettre une analyse multidimensionnelle de la réception, bien au-delà d’une simple évaluation de la force du signal.
Décomposition de l’acronyme SINPO
Le code SINPO est un acronyme où chaque lettre représente un paramètre spécifique de la qualité du signal.
Chacun de ces cinq paramètres est évalué sur une échelle de 1 (qualité la plus faible) à 5 (qualité la plus élevée).
Une note plus élevée indique toujours un meilleur résultat.
- S – Signal (Force) QSA : Il s’agit de l’intensité relative de la transmission. L’échelle va de 1 (à peine audible) à 5 (excellente).
- I – Interference (Interférences) QRM : Ce paramètre évalue les perturbations causées par d’autres stations émettant sur la même fréquence ou sur des fréquences adjacentes. L’échelle est inversée en termes d’effet dégradant : une note de 5 signifie “Nulle” (aucune interférence), tandis qu’une note de 1 signifie “Extrêmes”.
- N – Noise (Bruit) QRN : Il mesure la quantité de bruit d’origine atmosphérique (comme les orages) ou humaine (bruit industriel, lignes électriques, etc.). Comme pour les interférences, l’échelle est inversée : 5 signifie “Nul” et 1 signifie “Extrême”.
- P – Propagation (Perturbations de propagation) QSB : Ce critère évalue la stabilité du signal, en particulier les fluctuations de son intensité, un phénomène connu sous le nom de “fading” ou évanouissement. Une note de 5 indique une propagation stable (“Nulle”), tandis qu’une note de 1 signale des perturbations “Extrêmes”. Il existe une variante, le code SINFO, où la lettre ‘F’ (pour Fading) remplace le ‘P’, mais les deux sont considérés comme interchangeables.
- O – Overall Merit (Appréciation d’ensemble) QRK : C’est une note globale qui synthétise l’expérience d’écoute. Une règle fondamentale, et souvent méconnue, régit ce paramètre : la note ‘O’ ne peut jamais être supérieure à la plus faible des quatre notes précédentes (S, I, N, P). Cela garantit que l’appréciation globale reflète honnêtement la présence de tout défaut significatif.
Mise en pratique et exemples concrets
L’application du code SINPO permet de peindre un tableau précis des conditions de réception.
Voici quelques exemples pour illustrer son fonctionnement :
- SINPO 55555 : C’est le rapport parfait, décrivant une réception de qualité locale, sans aucun défaut. Dans le contexte du DXing sur ondes courtes, une telle note est exceptionnellement rare.
- SINPO 54554 : Ce code indique un signal de force excellente (S=5), avec de légères interférences (I=4), aucun bruit (N=5), aucune perturbation de propagation (P=5). L’appréciation globale est donc bonne (O=4), limitée par le facteur le plus faible (I=4).
- SINPO 33432 : Ici, le signal est de force moyenne (S=3), mais il est affecté par des interférences modérées (I=3) et des perturbations de propagation modérées (P=3). Le bruit est léger (N=4). En conséquence, l’appréciation globale est faible (O=2), reflétant une expérience d’écoute dégradée.
Ce code est l’élément central des rapports d’écoute que les SWL envoient aux stations de radiodiffusion pour solliciter une carte QSL en guise de confirmation.
Le défi de la subjectivité
Malgré sa structure rigoureuse, la principale limitation du code SINPO réside dans sa subjectivité.
Bien que la recommandation originale de l’UIT ait pu inclure des spécifications techniques précises (par exemple, un nombre défini d’évanouissements par minute pour une note ‘P’ donnée), ces critères sont aujourd’hui rarement appliqués par la communauté des écouteurs.
La distinction entre le bruit (N) et les interférences (I) peut également être difficile à faire pour un auditeur non expérimenté.
En conséquence, deux auditeurs situés au même endroit peuvent attribuer des notes différentes au même signal, ce qui a conduit certains à préférer des descriptions en langage clair.
Cette divergence entre l’intention originelle — créer un outil de mesure quasi technique — et sa pratique actuelle — un système d’évaluation qualitatif et personnel — est fondamentale.
Le code a été conçu par un organisme de réglementation avec une aspiration à l’objectivité, mais son adoption par la communauté des amateurs l’a transformé en un outil d’expression de l’expérience d’écoute individuelle.
C’est cette transformation qui explique pourquoi un système si bien défini sur le papier peut parfois sembler arbitraire ou “inventé” dans la pratique.
| Caractéristique | Note 5 | Note 4 | Note 3 | Note 2 | Note 1 |
| S – Signal (Force) | Excellente | Bonne | Moyenne | Faible | À peine audible |
| I – Interférences | Nulle | Légère | Modérée | Sévère | Extrême |
| N – Bruit (Noise) | Nul | Léger | Modéré | Sévère | Extrême |
| P – Propagation | Nulle | Légère | Modérée | Sévère | Extrême |
| O – Appréciation | Excellente | Bonne | Moyenne | Faible | Inutilisable |
Le code SINPO en détail. Notez que pour I, N et P, une note élevée indique l’absence de l’effet dégradant.
Les variantes pour la simplicité et la précision : SIO et SINPFEMO
Le système SINPO, bien que complet, n’est pas toujours adapté à toutes les situations.
La communauté radio a donc vu l’émergence de deux variantes principales, chacune répondant à un besoin spécifique : l’une visant la simplification, l’autre la précision technique.
Ces évolutions montrent qu’un standard unique est souvent insuffisant et que les outils doivent s’adapter aux compétences et aux objectifs de leurs utilisateurs.
Le code SIO : La quête de la simplicité
Le code SIO est une version abrégée du SINPO, conçue pour être plus simple et plus rapide à utiliser.
Il ne retient que trois des cinq paramètres originaux :
- S – Signal (Force = QSA)
- I – Interference (Interférences, au sens large = QRM)
- O – Overall (Appréciation d’ensemble = QRK)
La raison d’être du code SIO est pragmatique.
De nombreux auditeurs, en particulier les débutants, ont du mal à distinguer de manière fiable le bruit atmosphérique (N) des interférences humaines (I), ou à évaluer correctement les effets de la propagation (P).
Le code SIO résout ce problème en fusionnant tous les types de perturbations (bruit, interférences, fading) sous la seule lettre ‘I’.
Cette simplification réduit l’ambiguïté et augmente la cohérence des rapports entre différents auditeurs.
Pour cette raison, certaines stations de radiodiffusion préfèrent recevoir des rapports SIO, les jugeant plus fiables et plus faciles à interpréter.
Un exemple de rapport serait SIO 523, indiquant un signal fort (S=5) mais avec de sévères interférences (I=2), ce qui aboutit à une appréciation globale moyenne (O=3).
Le code SINPFEMO : L’extension pour les professionnels
À l’opposé du spectre se trouve le code SINPFEMO.
Il s’agit d’une extension du code SINPO, conçue pour une analyse beaucoup plus détaillée et technique, principalement utilisée dans le contexte de la radiotéléphonie (transmissions vocales).
Ce code est également standardisé par la même recommandation de l’UIT, la SM.1135.
Il reprend les cinq lettres de SINPO et y ajoute trois paramètres supplémentaires pour une évaluation plus fine :
- F – Frequency of Fading (Fréquence des évanouissements) : Évalue la rapidité des fluctuations du signal.
- E – dEpth of Fading (Profondeur des évanouissements) : Mesure l’amplitude des baisses de signal lors des évanouissements.
- M – Modulation (Qualité de la modulation) : Juge de la qualité de la voix transmise, en notant par exemple la clarté, la distorsion ou la surmodulation.
Ce niveau de détail est crucial pour les services professionnels, comme l’aviation civile ou les communications maritimes, où la parfaite intelligibilité de la voix est une question de sécurité.
Cependant, en raison de sa complexité, le code SINPFEMO est très rarement utilisé par les auditeurs amateurs.
L’existence simultanée du SIO et du SINPFEMO illustre parfaitement comment un standard de base peut évoluer dans des directions opposées pour répondre à des besoins divergents.
Le SIO sacrifie la granularité au profit de l’accessibilité et de la simplicité pour la communauté des hobbyistes.
Le SINPFEMO, quant à lui, ajoute des couches de complexité pour fournir les données techniques précises requises par les professionnels.
Ces deux codes ne sont donc pas de simples variantes, mais les témoins de deux branches évolutives distinctes, façonnées par les exigences pratiques de leurs communautés d’utilisateurs respectives.
Le code RST, le pilier des radioamateurs, cibistes et PMR
Si le code SINPO est le langage des écouteurs, le code RST est celui des radioamateurs, cibistes et pmristes.
Il s’agit d’un système distinct, avec sa propre histoire, sa propre structure et sa propre philosophie, conçu pour les besoins spécifiques des communications bidirectionnelles (QSO).
Un code historique pour une communauté spécifique
Le code RST est la norme quasi universelle au sein de la communauté radioamateur et amateur de radio pour l’échange de rapports de signal.
Son histoire est antérieure à celle du SINPO.
Il a été développé en 1934 par le radioamateur américain Arthur W. Braaten (dont l’indicatif était W2BSR) et a été rapidement adopté et promu par l’American Radio Relay League (ARRL), la principale organisation de radioamateurs aux États-Unis.
Sa longévité témoigne de son efficacité et de sa parfaite adéquation à son objectif : fournir un rapport de signal concis et rapide lors d’un contact en direct.
Décomposition de l’acronyme RST
Le code RST se compose de deux ou trois chiffres, chaque chiffre correspondant à un aspect de la transmission.
- R – Readability (Lisibilité) : Ce paramètre évalue la facilité avec laquelle le message peut être compris. Il est noté sur une échelle de 1 à 5, allant de 1 (incompréhensible) à 5 (parfaitement lisible).
- S – Strength (Force) : Il s’agit d’une évaluation de la puissance du signal reçu, notée sur une échelle de 1 à 9. Une note de 1 correspond à un signal à peine perceptible, tandis que 9 indique un signal extrêmement puissant. Cette échelle est souvent directement corrélée à l’indicateur de signal (le S-mètre) présent sur la plupart des émetteurs-récepteurs modernes. Sur de nombreux appareils, un S9 correspond à un niveau de signal standardisé à l’entrée de l’antenne, par exemple 50 microvolts (50μV).
- T – Tone (Tonalité) : Ce troisième chiffre, également noté de 1 à 9, est utilisé exclusivement pour les transmissions en radiotélégraphie (code Morse, ou CW) et certains modes numériques. Il est omis pour les communications en phonie (voix). Le ‘T’ évalue la qualité et la pureté de la note ou de la porteuse du signal, allant de 1 (une note extrêmement rauque et bruitée) à 9 (une note parfaitement pure, stable et claire).
La structure même du code RST, et en particulier la présence du paramètre ‘T’, est une fenêtre sur l’histoire de la technologie radio.
Le code a été créé en 1934, à une époque où les émetteurs radioamateurs étaient souvent de construction artisanale et techniquement rudimentaires.
Les descriptions détaillées de l’échelle de Tonalité font référence à des défauts techniques spécifiques de ces anciens équipements à lampes, tels que “note alternative non filtrée” ou “forte ondulation de modulation”.
Le ‘T’ n’était donc pas une simple appréciation esthétique ; c’était un retour technique crucial pour l’opérateur distant, l’informant de la qualité et de la stabilité de son matériel.
Avec les émetteurs modernes, contrôlés par quartz et numériquement stables, les défauts de tonalité sont devenus rares, rendant ce paramètre moins critique qu’auparavant.
Usage, suffixes et courtoisie
Dans la pratique, un rapport RST est transmis de manière concise.
Un “RST 599” est le rapport parfait en Morse, signifiant “parfaitement lisible, extrêmement puissant, tonalité parfaite”.
Pour une communication vocale, le rapport serait simplement “59” (“cinq-neuf”).
Pour ajouter plus de détails, des suffixes peuvent être ajoutés au rapport RST.
Les plus courants sont :
- C : pour “Chirp” (piaulements), indiquant une légère instabilité de fréquence lors de la manipulation.
- K : pour “Key clicks” (claquements de manipulation), signalant des parasites générés au début ou à la fin de chaque impulsion Morse.
- X : pour indiquer une note de très haute pureté, typique d’un oscillateur à quartz (“cristal”).
Un aspect culturel important de l’utilisation du RST est le “rapport de courtoisie”.
Dans de nombreuses situations, notamment lors des concours (contests) où la vitesse est essentielle, les opérateurs échangent systématiquement des rapports “599” (ou “5NN” en Morse, la lettre N étant plus rapide à transmettre que le chiffre 9) quel que soit le véritable état du signal.
Cette pratique, bien qu’efficace, vide le rapport de sa signification technique au profit d’une convention sociale visant à confirmer le contact rapidement et poliment.
| Caractéristique | Échelle | Description |
| R – Lisibilité | 1 à 5 | 1: Incompréhensible 2: À peine lisible 3: Lisible avec difficulté 4: Lisible sans difficulté 5: Parfaitement lisible |
| S – Force | 1 à 9 | 1: À peine perceptible 3: Faible 5: Assez bon 7: Très bon 9: Très puissant |
| T – Tonalité (CW/Digital) | 1 à 9 | 1: Note très rauque (ronflement 50/60 Hz) 3: Note grave, faible musicalité 5: Note vibrée avec musicalité 7: Note claire mais vibrée 9: Note claire et pure |
Le code RST en détail. Le paramètre ‘T’ n’est utilisé que pour les transmissions en code Morse (CW) et les modes numériques.
Analyse comparative et contexte d’utilisation
Les codes SINPO et RST, bien que servant un objectif similaire — évaluer un signal radio —, opèrent dans des univers distincts et reflètent des philosophies de communication fondamentalement différentes.
Comprendre ces différences est essentiel pour saisir les nuances de la culture radio.
Deux mondes, deux philosophies : SWL vs. Radioamateur et Amateur de radio
La distinction la plus nette entre les systèmes de codage réside dans le rôle de l’opérateur.
- Le code SINPO est un outil analytique, détaillé et multidimensionnel, conçu pour l’écouteur passif (SWL) qui fournit un retour d’information à une station de radiodiffusion unidirectionnelle. L’objectif est de produire un rapport de qualité complet qui aidera les ingénieurs de la station à comprendre leur couverture de diffusion. La complexité du code est justifiée par le fait que la station ne peut pas poser de questions en retour ; le rapport doit être aussi exhaustif que possible.
- Le code RST est un outil concis et rapide, conçu pour le participant actif (radioamateur) engagé dans une conversation bidirectionnelle (QSO). L’objectif est de confirmer rapidement que le contact est viable et d’échanger les informations essentielles avant de poursuivre la conversation ou de passer au contact suivant. Sa brièveté est sa principale qualité, car il s’intègre de manière fluide dans le rythme d’un échange en direct.
Cette dichotomie explique pourquoi le choix du code est plus qu’une simple question de préférence ; c’est une déclaration d’identité au sein du monde de la radio.
Utiliser un code SINPO dans un QSO radioamateur serait perçu comme lourd et inapproprié, tandis qu’envoyer un rapport RST à une station de radiodiffusion comme Radio France Internationale signalerait une méconnaissance des conventions de la communauté SWL.
Les codes fonctionnent ainsi comme des marqueurs culturels, indiquant l’appartenance et la compréhension des normes implicites de chaque branche du hobby.
Le dénominateur commun : La carte QSL
Malgré leurs différences, ces deux mondes sont unis par une tradition commune : la carte QSL.
Le terme “QSL” vient du code Q international et signifie “Je confirme la réception de votre transmission”.
Pour l’écouteur SWL comme pour le radioamateur, l’envoi d’un rapport de réception correct, utilisant le code approprié (SINPO ou RST), est la condition sine qua non pour espérer recevoir en retour cette précieuse carte de la part de la station.
La carte QSL est bien plus qu’un simple accusé de réception.
C’est un artefact culturel, une preuve tangible du contact ou de l’écoute, souvent personnalisée avec des images et des informations sur la station.
La collection de ces cartes est un hobby en soi, et elles sont souvent requises pour obtenir des diplômes et des récompenses dans le monde du radioamateurisme.
Les informations essentielles qui doivent figurer sur un rapport pour obtenir une QSL incluent typiquement : les indicatifs des deux stations (ou de l’auditeur et de la station), la date et l’heure en UTC, la fréquence, le mode de transmission (AM, SSB, CW, etc.) et, bien sûr, le rapport de signal pertinent.
Les codes de signal sont donc la “monnaie d’échange” au cœur de cette tradition mondiale.
| Critère | Code SINPO | Code SIO | Code RST |
| Utilisateur Principal | Écouteur d’ondes courtes (SWL) | Écouteur d’ondes courtes (SWL) | Radioamateur |
| Objectif | Analyse détaillée d’une diffusion | Rapport simplifié d’une diffusion | Échange rapide en communication bidirectionnelle |
| Complexité | Élevée (5 paramètres) | Faible (3 paramètres) | Moyenne (2 ou 3 paramètres) |
| Structure | 5 chiffres (échelle 1-5) | 3 chiffres (échelle 1-5) | 2 ou 3 chiffres (échelles 1-5 et 1-9) |
| Caractéristique Clé | Évaluation de la propagation (P) et du bruit (N) | Simplicité, fusion des perturbations | Rapidité, évaluation de la tonalité (T) pour le Morse |
Synthèse comparative des codes de réception.
L’avenir des rapports de signal à l’ère numérique
L’avènement des technologies numériques a profondément transformé le paysage des communications radio, remettant en question la pertinence des systèmes de rapport traditionnels basés sur l’évaluation humaine.
Cette évolution technologique s’accompagne d’un changement philosophique dans la manière même de concevoir un rapport de signal.
La révolution technologique : SDR et mesures objectives
L’émergence des récepteurs définis par logiciel (Software-Defined Radio, SDR) et des émetteurs-récepteurs modernes dotés de processeurs de signal numérique (DSP) a introduit une nouvelle dimension dans l’évaluation des signaux.
Contrairement à l’oreille humaine, ces appareils peuvent fournir des mesures quantitatives et objectives.
L’une des plus importantes est le rapport signal/bruit (Signal-to-Noise Ratio, SNR), généralement exprimé en décibels (dB).
Un SNR positif indique que le signal est plus fort que le bruit de fond, tandis qu’un SNR négatif signifie que le signal est en réalité plus faible que le bruit, mais qu’il peut tout de même être décodé par des algorithmes avancés.
Cette capacité à mesurer précisément la qualité d’un signal soulève une question légitime : les codes subjectifs comme SINPO et RST sont-ils en voie d’obsolescence?.
Nouveaux modes, nouveaux rapports : FT8 et RSQ
La réponse se trouve en partie dans les nouveaux modes de transmission numérique eux-mêmes.
- FT8 : Ce mode numérique, conçu pour les communications à très faible signal, a connu une popularité fulgurante. Dans un contact FT8, l’échange est entièrement automatisé et minimaliste. Le rapport de signal échangé n’est pas un code RST, mais directement la valeur du SNR calculée par le logiciel, par exemple “-15 dB”. L’évaluation humaine subjective est complètement éliminée au profit d’une donnée brute et objective.
- RSQ : Pour d’autres modes numériques comme le PSK31, une adaptation du code RST a été proposée : le code RSQ (Readability, Strength, Quality). Ce système hybride conserve la structure familière à trois composantes, mais redéfinit chaque paramètre dans le contexte d’une interface logicielle :
- R (Readability) est basé sur le pourcentage de caractères correctement décodés.
- S (Strength) est évalué visuellement par l’intensité de la trace du signal sur l’affichage en “cascade” (waterfall) par rapport au bruit de fond.
- Q (Quality) mesure la propreté du signal en observant la présence de bandes latérales indésirables (“splatter”), un indicateur de surmodulation.
Le RSQ représente une transition intéressante, appliquant la logique d’un code traditionnel à des données visuelles et objectives fournies par la technologie numérique.
Cette évolution des rapports de signal, de SINPO/RST vers le SNR de FT8, marque un changement fondamental.
Il ne s’agit plus de décrire une expérience humaine subjective (“Comment le signal sonne-t-il à mon oreille?”), mais d’exécuter un échange de données efficace de machine à machine (“Quel est le rapport signal/bruit calculé?”).
Le paramètre “O” (Appréciation d’ensemble) du SINPO, qui capture l’essence de l’expérience d’écoute, n’a pas d’équivalent dans le monde de FT8, où le but n’est pas la qualité de la conversation mais l’enregistrement réussi d’un contact en tant que point de données.
Pertinence continue ou relique du passé?
Malgré cette révolution numérique, les codes traditionnels conservent une valeur indéniable.
Pour les communications en phonie et en code morse, le RST demeure le standard universel, rapide et efficace.
Pour un écouteur SWL, le code SINPO offre une description de l’expérience d’écoute beaucoup plus riche et holistique — incluant les nuances du fading et des interférences — qu’une simple valeur de SNR ne pourrait jamais le faire.
Ces codes persistent parce qu’ils sont profondément ancrés dans la culture, les rituels et les traditions du hobby, comme les concours et la chasse aux cartes QSL.
En conclusion, au-delà des chiffres, une passion pour la communication
Les codes SINPO, RST et leurs multiples variantes sont bien plus que de simples spécifications techniques.
Ils constituent un langage vivant, une convention sociale qui a évolué de manière organique pour répondre aux besoins variés d’une communauté mondiale de passionnés.
Ils incarnent la transition d’une ère où l’oreille humaine était le seul instrument de mesure à une époque où des algorithmes sophistiqués peuvent extraire des signaux inaudibles du bruit.
La technologie moderne offre des outils de mesure d’une précision inégalée, transformant certaines formes de communication radio en échanges de données optimisés.
Pourtant, les codes traditionnels survivent car ils capturent un élément que les chiffres seuls ne peuvent exprimer : la dimension humaine de l’écoute.
Ils décrivent le défi, le frisson de capter une émission lointaine à travers les caprices de l’ionosphère, et la satisfaction de nouer un contact par-delà les continents.
Qu’il s’agisse d’un rapport SINPO 43444 méticuleusement noté après une longue écoute ou d’un RST 599 échangé à la volée dans l’effervescence d’un concours, ces codes restent une partie intégrante et précieuse de la culture radio.
Ils sont le témoignage durable du désir humain de se connecter, de communiquer et d’être entendu à travers les ondes.
Sources principales utilisées pour cet article: en.wikipedia.org – radioamateurs.news.sciencesfrance.fr – qrvradio.fr – hamradio.me
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Rédacteur: 14HS51 Joel T. – Création DXRN® – DX Radio Via Net®
Je rejoint le comentaire de 15hs632 eccelente idée 73’s de 15hs177
Et bien 73 à vous de 15HS632 j’èspère que vous allez bien,et me permet de Félicité Personellement l’OP qui a écris et mis les explications du Code Sinpo et Sio pour toutes les personnes qui débute en CB ou en Radio Amateur, et donc bravo à vous c’est une très bonne Idée, et je vous en remèrçis Sincèrement. Amitié à vous et passez une très bonne journée. Signé 15HS632 OP Alexandre Christian Jousson à Genève Suisse