Dernière mise à jour le 20 juillet 2025
Radioamateurs, Citizen Band, PMR446, Aviation et Marine
Tableau récapitulatif global des fréquences d’urgence en France
Le tableau ci-dessous offre un aperçu synthétique des principales fréquences d’urgence utilisées en France par différents services de radiocommunication.
Il vise à fournir une référence rapide avant d’aborder en détail chaque service.
| Service | Fréquence(s) Principale(s) d’Urgence | Désignation/Usage Principal | Mode(s) de Modulation Typique(s) | Organisme de Veille/Coordination Principal (France) |
| Radioamateurs (RASEC) | 145.4500 MHz, 145.4625 MHz, 145.4750 MHz (VHF) | Communications d’urgence RASEC France | FM | FNRASEC/ADRASEC en lien avec la Sécurité Civile |
| 14.300 MHz (HF) | Centre d’activité d’urgence mondial IARU | USB (BLU) | Radioamateurs (veille internationale) | |
| 3.760 MHz (HF) | Centre d’activité d’urgence IARU Région 1 | LSB (BLU) | Radioamateurs (veille régionale) | |
| 7.110 MHz (HF) (alternative 7.060 MHz) | Centre d’activité d’urgence IARU Région 1 | LSB (BLU) | Radioamateurs (veille régionale) | |
| Citizen Band (CB) | 27.065 MHz | Canal 9 – Urgence (convention) | AM, FM, BLU | Veille citoyenne, pas de veille officielle garantie |
| PMR446 | Analogique : 446.09375 MHz (Canal 8) | Appel / Détresse (convention) | FM (NFM) | Veille citoyenne, pas de veille officielle |
| Numérique : 446.10625 MHz (Canal 9 dPMR/DMR) ou 446.115625 MHz (Canal 19 dPMR) | Détresse / Urgence Entraide (convention) | Numérique (4FSK) | Veille citoyenne, pas de veille officielle | |
| Aviation | 121.500 MHz | Détresse et Urgence aéronautique internationale | AM | Contrôle du Trafic Aérien (ATC), Centres de Coordination de Sauvetage (RCC), COSPAS-SARSAT |
| 243.000 MHz | Détresse et Urgence aéronautique militaire (compatible avec certaines balises) | AM | Autorités militaires, COSPAS-SARSAT | |
| Fréquence en cours avec l’organisme de contrôle | Communication prioritaire avec l’ATC | AM | Contrôle du Trafic Aérien (ATC) | |
| Marine | 156.800 MHz (Canal 16 VHF) | Détresse, Urgence, Sécurité et Appel | FM | CROSS (Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage), navires à proximité |
| 156.525 MHz (Canal 70 VHF) | Appel Sélectif Numérique (ASN/DSC) pour Détresse, Urgence, Sécurité et Appel de routine | Numérique (FSK) | CROSS, navires équipés ASN | |
| 2182 kHz (MF) | Détresse et Appel en radiotéléphonie (longue portée) | USB (BLU) | Stations côtières, CROSS | |
| 2187.5 kHz (MF) | Appel Sélectif Numérique (ASN/DSC) pour Détresse (longue portée) | Numérique (FSK) | Stations côtières, CROSS | |
| 406.000 – 406.100 MHz | Radiobalises de Localisation de Sinistres (RLS/EPIRB/PLB) | Numérique | COSPAS-SARSAT |
Introduction
Les systèmes de radiocommunication constituent un pilier fondamental de la sécurité et de la coordination en situation d’urgence.
Lorsque les infrastructures de communication conventionnelles, telles que les réseaux téléphoniques fixes et mobiles ou l’internet, sont compromises ou rendues inopérantes – que ce soit par des catastrophes naturelles, des accidents technologiques majeurs, des pannes étendues ou simplement dans des zones géographiques isolées non couvertes – la radio demeure souvent le dernier recours fiable pour transmettre des informations vitales, coordonner les secours et sauver des vies.
Le rôle crucial des communications radio est reconnu tant pour la sécurité civile au sens large que pour des domaines spécifiques comme l’aviation et le secteur maritime.
Ce rapport a pour objectif de fournir un guide exhaustif et faisant autorité sur les fréquences et les procédures d’urgence en vigueur en France.
Il s’adresse à un large éventail d’utilisateurs : radioamateurs, cibistes (utilisateurs de la Citizen Band), utilisateurs de PMR446 (radios mobiles privées à 446 MHz), ainsi qu’aux professionnels et amateurs des secteurs aéronautique et maritime.
La compréhension et l’utilisation correcte de ces fréquences et procédures ne sont pas seulement une question de conformité réglementaire, mais un impératif pour l’efficacité des opérations de secours et la sauvegarde de vies humaines.
Le paysage des radiocommunications d’urgence est caractérisé par une hétérogénéité notable des systèmes, des équipements et des profils d’utilisateurs.
Du citoyen équipé d’un simple talkie-walkie PMR446 au pilote de ligne communiquant avec le contrôle aérien, en passant par le radioamateur détenteur d’une licence et capable d’opérer sur une multitude de bandes, les niveaux de technicité, les cadres réglementaires et les attentes en matière de fiabilité varient considérablement.
Cette diversité implique qu’une approche unique de la communication d’urgence est impossible ; chaque service possède ses spécificités, ses canaux dédiés ou conventionnels, et ses procédures propres.
De plus, une tension existe entre la facilité d’accès de certains systèmes (comme la CB ou le PMR446, qui sont d’usage libre) et la garantie de prise en charge officielle des appels d’urgence.
Si ces moyens offrent une accessibilité indéniable, leur efficacité pour alerter les secours structurés peut être limitée par l’absence de veille officielle permanente, contrairement aux systèmes hautement réglementés de l’aviation et de la marine où des organismes dédiés comme les Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) ou le Contrôle du Trafic Aérien (ATC) assurent une écoute et une réponse coordonnées.
Les radioamateurs, à travers des structures comme la FNRASEC (Fédération Nationale des RAdioamateurs au service de la SÉcurité Civile), s’insèrent également dans ce cadre organisé.
La complexité du cadre réglementaire, tant au niveau international que national, et la multiplicité des acteurs impliqués, rendent indispensable une connaissance précise des règles pour une utilisation à la fois légale, responsable et efficace de ces ressources spectrales critiques.
Cadre réglementaire des radiocommunications d’urgence en France
La gestion et l’utilisation des fréquences radioélectriques, particulièrement celles dédiées aux urgences, sont encadrées par un ensemble de réglementations et d’organismes aux niveaux international, européen et national.
Cette structure hiérarchisée vise à assurer une utilisation harmonisée, efficace et sans brouillage préjudiciable du spectre.
Instances internationales
L’organisation des radiocommunications à l’échelle mondiale repose principalement sur l’Union Internationale des Télécommunications (UIT).
- L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) : Institution spécialisée des Nations Unies, l’UIT joue un rôle fondamental dans l’attribution mondiale des bandes de fréquences aux différents services de radiocommunication (service mobile, service fixe, service de radiodiffusion, service d’amateur, etc.) et dans l’établissement du Règlement des Radiocommunications (RR). Ce règlement, qui a valeur de traité international, constitue la charte mondiale pour l’utilisation du spectre des fréquences radioélectriques et des orbites de satellites. Il définit les services, alloue les bandes de fréquences, établit les procédures obligatoires pour la coordination et l’exploitation des stations radio, et fixe les limites d’émission pour éviter les brouillages. Les réglementations nationales, y compris celles de la France, doivent se conformer à ce cadre international. L’UIT définit par exemple le “service d’amateur” comme un service de radiocommunication ayant pour objet l’instruction individuelle, l’intercommunication et les études techniques, effectué par des amateurs, c’est-à-dire par des personnes dûment autorisées s’intéressant à la technique de la radioélectricité à titre uniquement personnel et sans intérêt pécuniaire.
- La Conférence Européenne des administrations des Postes et des Télécommunications (CEPT) : La CEPT est une organisation qui rassemble les administrations/régulateurs des postes et télécommunications de 44 pays européens. Elle joue un rôle crucial dans l’harmonisation des réglementations et des normes techniques à l’échelle européenne. Ses décisions et recommandations, bien que n’ayant pas toujours force de loi directe, sont généralement transposées dans les législations nationales des pays membres. Par exemple, la recommandation T/R 61-01 facilite la libre circulation des radioamateurs dans les pays membres et a conduit à la suppression de l’examen de Morse pour l’obtention de certains certificats. De même, les décisions concernant les équipements PMR446, telles que ERC/DEC/(98)25 pour l’analogique et ECC/DEC/(05)12 pour le numérique, ont établi un cadre harmonisé pour l’utilisation de ces appareils en Europe, reprises ensuite par les autorités nationales.
Autorités nationales
En France, plusieurs entités se partagent la responsabilité de la gestion et de la régulation du spectre radioélectrique.
- L’Agence Nationale des FRéquences (ANFR) : L’ANFR est l’acteur central de la gestion du spectre en France. Elle gère l’ensemble des fréquences radioélectriques, qui appartiennent au domaine public de l’État. Ses missions sont vastes et comprennent la planification de l’utilisation des fréquences (notamment l’élaboration et la mise à jour du TNRBF), l’assignation des fréquences aux différents affectataires (administrations de l’État et autorités administratives indépendantes), la coordination nationale et internationale des fréquences pour éviter les brouillages, le contrôle du spectre sur le territoire national, et la protection de la réception de la TNT. L’ANFR organise également les examens pour l’obtention du certificat d’opérateur du service d’amateur et attribue les indicatifs. Elle est également responsable de l’autorisation des sites d’émission radioélectrique, y compris ceux des réseaux mobiles 4G et 5G , une mission d’autant plus pertinente avec le déploiement du Réseau Radio du Futur (RRF).
- L’Autorité de Régulation des Communications Électroniques, des Postes et de la distribution de la presse (ARCEP) : L’ARCEP est une autorité administrative indépendante chargée de réguler les secteurs des communications électroniques (téléphonie, internet), des postes et, plus récemment, de la distribution de la presse. Son rôle est distinct de celui de l’ANFR : tandis que l’ANFR est le gestionnaire technique du spectre, l’ARCEP se concentre sur la régulation des marchés, la concurrence, et la fixation des conditions d’utilisation de certaines installations ou fréquences. Par exemple, l’ARCEP fixe les conditions d’utilisation des installations radioamateurs et a émis les décisions réglementant l’usage des PMR446 en France (décisions n° 01-1147 et 01-1148 du 7 décembre 2001).
La gouvernance du spectre radioélectrique en France est donc marquée par une complexité inhérente à la multiplicité des acteurs et des niveaux de réglementation.
Les décisions prises au niveau international par l’UIT sont déclinées et harmonisées au niveau européen par la CEPT, puis transposées et mises en œuvre au niveau national sous l’égide du gouvernement, avec l’ANFR comme principal gestionnaire technique du spectre et l’ARCEP comme régulateur de certains usages et marchés.
Cette architecture, bien que complexe, vise à assurer une gestion cohérente et optimisée d’une ressource rare et stratégique.
Pour l’utilisateur final, cette complexité souligne l’importance de se référer à des guides clairs et à jour pour comprendre ses droits et obligations.
Textes fondamentaux
Plusieurs textes législatifs et réglementaires constituent le socle de la réglementation des radiocommunications en France.
- Le Code des Postes et des Communications Électroniques (CP&CE) : Ce code est le principal texte législatif qui encadre l’ensemble du secteur des communications électroniques en France, y compris l’utilisation du spectre radioélectrique. Il définit les missions des autorités de régulation (ANFR, ARCEP), les conditions d’établissement et d’exploitation des réseaux et services, les obligations des opérateurs, ainsi que les sanctions en cas de non-respect des règles. Des articles spécifiques, comme l’article L.39-1, traitent des sanctions pénales en cas d’utilisation non conforme des fréquences ou de brouillage.
- Le Tableau National de Répartition des Bandes de Fréquences (TNRBF) : Ce document, qui est une annexe à un arrêté du Premier ministre, est la pierre angulaire de la gestion du spectre en France. Il est élaboré et mis à jour par l’ANFR. Le TNRBF fixe, pour chaque bande de fréquences, les services de radiocommunication autorisés (ex: service mobile, service fixe, service d’amateur, service de radionavigation aéronautique, service mobile maritime) et les administrations ou autorités (dites “affectataires”) qui ont le droit d’utiliser ces fréquences. Il distingue les services à statut primaire (qui bénéficient d’une protection contre les brouillages des services secondaires et des autres services primaires assignés ultérieurement) des services à statut secondaire (qui ne doivent pas causer de brouillage aux services primaires et ne peuvent réclamer de protection contre eux). Le TNRBF contient également des “notes françaises” qui peuvent apporter des précisions ou des restrictions d’usage spécifiques au territoire national. Ce tableau est un instrument stratégique pour l’État, lui permettant d’allouer une ressource publique rare et essentielle en fonction des priorités nationales, qu’elles soient liées à la défense, à la sécurité, aux services publics ou au développement économique. Les modifications régulières du TNRBF témoignent de la nécessité d’adapter en permanence la gestion du spectre aux évolutions technologiques (comme la 5G) et aux nouveaux besoins, y compris ceux liés aux “situations de crise grave” pour lesquelles des ajustements spécifiques ont été apportés. Les fréquences d’urgence ne sont donc pas attribuées de manière arbitraire ; elles résultent d’un processus délibéré et réglementé au plus haut niveau de l’État, ce qui souligne leur importance critique et la nécessité d’un encadrement strict de leur utilisation.
Fréquences et procédures d’urgence par service
Chaque service de radiocommunication possède ses propres spécificités en matière de fréquences et de procédures d’urgence, adaptées à ses utilisateurs et à ses contraintes opérationnelles.
Radioamateurs
Les radioamateurs, définis par leur intérêt pour la technique de la radioélectricité à des fins d’instruction, d’intercommunication et d’études techniques, sans intérêt pécuniaire, jouent un rôle reconnu dans les communications d’urgence.
En France, l’exercice de cette activité est conditionné à l’obtention d’un certificat d’opérateur, délivré après examen organisé par l’ANFR, et à l’attribution d’un indicatif d’appel personnel.
Les radioamateurs sont tenus à un devoir de réserve concernant les sujets politiques et religieux lors de leurs communications.
Fréquences d’urgence et RASEC (Réseau des Amateurs au Service de la Sécurité Civile)
Les radioamateurs disposent d’un large éventail de bandes de fréquences, s’étendant des ondes longues (LF) aux ondes millimétriques (EHF).
Au sein de ces bandes, des fréquences spécifiques sont recommandées pour les communications d’urgence, principalement par l’IARU (Union Internationale des Radioamateurs) et, en France, par le RASEC.
- Fréquences IARU pour les urgences :
- En Ondes Courtes (HF), cruciales pour les liaisons à longue distance en cas de catastrophe majeure, l’IARU Région 1 (Europe, Afrique, Moyen-Orient, Nord de l’Asie) recommande les fréquences suivantes comme centres d’activité d’urgence :
- Bande des 80 mètres : 3.760 MHz (LSB)
- Bande des 40 mètres : 7.110 MHz (LSB) (alternativement 7.060 MHz selon certaines sources)
- Bande des 20 mètres : 14.300 MHz (USB) – Centre d’activité d’urgence mondial
- Bande des 17 mètres : 18.160 MHz (USB) – Centre d’activité d’urgence mondial
- Bande des 15 mètres : 21.360 MHz (USB) – Centre d’activité d’urgence mondial
- Il est important de noter que ces fréquences sont des points de ralliement ; en cas de trafic important, il est nécessaire de se décaler sur des fréquences adjacentes (dégagement).
- En Ondes Courtes (HF), cruciales pour les liaisons à longue distance en cas de catastrophe majeure, l’IARU Région 1 (Europe, Afrique, Moyen-Orient, Nord de l’Asie) recommande les fréquences suivantes comme centres d’activité d’urgence :
- Fréquences RASEC en France :
- Le RASEC, en étroite collaboration avec la FNRASEC (Fédération Nationale des RAdioamateurs au service de la SÉcurité Civile), a identifié des fréquences préférentielles pour les opérations de secours sur le territoire national, notamment en VHF qui offre une bonne couverture locale et régionale :
- Bande des 2 mètres (VHF) :
- 145.4500 MHz (FM) – Communications d’urgence RASEC France
- 145.4625 MHz (FM) – Communications d’urgence RASEC France
- 145.4750 MHz (FM) – Communications d’urgence RASEC France
- 144.037 MHz (CW) – Communications d’urgence CW
- 144.082 MHz (CW) – Communications d’urgence CW, dégagement
- Bande des 2 mètres (VHF) :
- En HF, des fréquences spécifiques sont également utilisées par le RASEC en France, souvent alignées ou proches des recommandations IARU, avec des canaux de dégagement :
- 3.632 MHz (LSB) et 3.682 MHz (LSB dégagement)
- 7.082 MHz (LSB) et 7.092 MHz (LSB dégagement)
- Le RASEC, en étroite collaboration avec la FNRASEC (Fédération Nationale des RAdioamateurs au service de la SÉcurité Civile), a identifié des fréquences préférentielles pour les opérations de secours sur le territoire national, notamment en VHF qui offre une bonne couverture locale et régionale :
Le tableau suivant récapitule les principales fréquences d’urgence pour les radioamateurs en France et à l’international (Région 1) :
| Bande | Fréquence (MHz) | Mode privilégié | Usage |
| 80m | 3.760 | LSB | Centre d’activité d’urgence IARU Région 1 |
| 80m | 3.632 | LSB | Communications d’urgences RASEC France |
| 80m | 3.682 | LSB | Communications d’urgences RASEC France (dégagement) |
| 80m | 3.536 | CW | Communications d’urgences RASEC France (CW) |
| 40m | 7.110 (ou 7.060) | LSB | Centre d’activité d’urgence IARU Région 1 |
| 40m | 7.082 | LSB | Communications d’urgences RASEC France |
| 40m | 7.092 | LSB | Communications d’urgences RASEC France (dégagement) |
| 40m | 7.032 | CW | Communications d’urgences RASEC France (CW) |
| 20m | 14.300 | USB | Centre d’activité d’urgence mondial IARU |
| 20m | 14.132 | USB | Communications d’urgences RASEC France |
| 2m | 145.4500 | FM | Communications d’urgence RASEC France |
| 2m | 145.4625 | FM | Communications d’urgence RASEC France |
| 2m | 145.4750 | FM | Communications d’urgence RASEC France |
| 2m | 144.037 | CW | Communications d’urgence CW (RASEC France) |
| 2m | 144.082 | CW | Communications d’urgence CW, dégagement (RASEC France) |
Procédures d’urgence IARU
L’IARU a établi des procédures pour la gestion du trafic d’urgence afin d’assurer l’efficacité des communications :
- À l’écoute d’un appel d’urgence (identifié par des termes comme “EMERGENCY”, “MAYDAY”, “PAN PAN”, ou “QUF” en CW) : toute station doit cesser d’émettre, rester en écoute attentive, et noter toutes les informations transmises. Il ne faut intervenir que si l’on est certain de pouvoir apporter une aide concrète et qu’aucune autre station mieux placée ne le fait.
- Station contrôlant le trafic : Le trafic d’urgence est généralement contrôlé par la station en détresse elle-même, ou par une station qu’elle désigne. Cette station directrice a l’autorité pour demander le silence radio aux autres stations si nécessaire.
- Format des messages : Les messages d’urgence doivent être clairs, concis, et structurés pour transmettre les informations essentielles. L’IARU recommande de recueillir les informations selon le format : QUAND (date, heure UTC, fréquence), OÙ (lieu précis de l’urgence), QUOI (nature de l’événement, actions requises), COMMENT (moyens d’aide possibles), QUI (personnes/organismes pouvant aider). L’utilisation de l’alphabet phonétique international (Alpha, Bravo, Charlie, etc.) est impérative pour épeler les informations critiques et éviter les erreurs de compréhension.
FNRASEC et ADRASEC : Le bras armé radio de la sécurité civile
En France, les radioamateurs volontaires sont organisés au sein de la FNRASEC et de ses associations départementales, les ADRASEC.
Ces structures bénévoles mettent leurs compétences et leurs équipements au service de la sécurité civile, notamment dans le cadre du dispositif ORSEC (Organisation de la Réponse de SEcurité Civile).
Leurs missions sont variées :
- Assurer la permanence et la redondance des communications en cas de défaillance des réseaux publics.
- Participer à la recherche de balises de détresse aéronautiques (plan SATER – Sauvetage Aéro-terrestre).
- Établir des liaisons radio entre les différents échelons de commandement (PC de crise, équipes sur le terrain).
- Remonter les informations du terrain vers les centres opérationnels.
Cette intégration formelle confère aux radioamateurs un double rôle en situation d’urgence.
D’une part, ils sont des techniciens de la communication, capables d’établir des liaisons radio dans des conditions dégradées, en utilisant une variété de modes de transmission (phonie, télégraphie, modes numériques) sur un large spectre de fréquences.
D’autre part, ils agissent comme des auxiliaires de la sécurité civile, formés aux procédures d’urgence et intégrés dans les plans de secours.
Cette double compétence est précieuse.
L’efficacité de cette contribution repose cependant sur une formation continue et des exercices réguliers.
La maîtrise des équipements, la connaissance des procédures spécifiques (IARU, ORSEC), la capacité à s’intégrer dans une chaîne de commandement et à interagir avec d’autres services de secours ne s’improvisent pas.
Les ADRASEC organisent donc des entraînements et des manœuvres, souvent en collaboration avec les préfectures et les services d’incendie et de secours, pour maintenir un haut niveau de préparation opérationnelle.
Citizen Band (CB)
La Citizen Band, ou CB, est un service de radiocommunication personnel fonctionnant dans la bande des 27 MHz (communément appelée bande des 11 mètres).
Elle permet des communications bidirectionnelles à courte distance et est populaire pour un usage récréatif ou pour des communications locales entre particuliers ou professionnels (comme les transporteurs routiers).
En France, l’utilisation de la CB est libre, c’est-à-dire qu’elle ne nécessite ni licence d’opérateur ni taxe annuelle, mais les équipements utilisés doivent être homologués et conformes aux normes en vigueur.
La bande CB en France comprend 40 canaux standardisés, s’étendant de 26.965 MHz (Canal 1) à 27.405 MHz (Canal 40).
Canal 9 (27.065 MHz) : Le canal d’urgence conventionnel
De manière quasi universelle, le Canal 9 (27.065 MHz) est conventionnellement désigné comme le canal d’urgence sur la CB.
Historiquement, ce canal a fait l’objet d’une veille par des bénévoles, des clubs de cibistes, et dans certains cas, ponctuellement ou localement, par des services de secours.
Des initiatives citoyennes continuent de promouvoir la veille de ce canal, notamment en cas de catastrophe naturelle où les réseaux de communication traditionnels pourraient être hors service.
La plupart des postes CB commercialisés disposent d’un accès rapide au Canal 9.
État actuel de la veille et limitations
Il est crucial de souligner qu’il n’existe pas de garantie d’une veille officielle, permanente et généralisée du Canal 9 CB par les services de secours institutionnels en France.
Si des appels peuvent être entendus et relayés par d’autres utilisateurs de la CB, la probabilité d’une prise en charge directe et immédiate par les pompiers, le SAMU ou la police via ce canal est incertaine et ne doit pas être présumée.
La CB doit donc être considérée comme un moyen de communication d’urgence complémentaire et non comme le principal ou l’unique recours pour alerter les secours.
Les limitations techniques de la CB affectent également son usage en urgence :
- Portée : La portée typique d’une station CB est de 5 à 30 kilomètres, fortement dépendante du terrain, de l’antenne, de la puissance d’émission (limitée réglementairement) et des conditions de propagation des ondes radio.
- Propagation : La bande des 27 MHz est sujette à des phénomènes de propagation ionosphérique (surtout en période de forte activité solaire) qui peuvent permettre des contacts à très longue distance (“DX”), mais qui peuvent aussi rendre les communications locales difficiles en raison de l’encombrement du canal par des stations lointaines.
- Absence de garantie de réponse : L’efficacité d’un appel d’urgence sur le Canal 9 dépend entièrement de la présence d’autres utilisateurs à l’écoute dans la zone.
Recommandations d’utilisation en urgence
- Utiliser prioritairement le Canal 9 (27.065 MHz) pour tout appel d’urgence.
- En l’absence de réponse sur le Canal 9, il est possible de tenter un appel sur le Canal 19 (27.185 MHz). Ce canal est très fréquenté car il sert de canal d’appel général et est traditionnellement utilisé par les conducteurs routiers pour l’information trafic et l’entraide. Un appel de détresse y aurait plus de chances d’être entendu par un grand nombre d’utilisateurs.
- Les appels doivent être clairs, concis, et indiquer la nature de l’urgence, la localisation et le type d’aide requis.
Le tableau ci-dessous liste les canaux CB avec une mise en évidence des canaux d’urgence et d’appel :
| N° Canal | Fréquence (MHz) | Usage Conventionnel |
| 1 | 26.965 | Libre |
| … | … | … |
| 9 | 27.065 | Urgence (convention) |
| … | … | … |
| 19 | 27.185 | Appel général / Information routière (convention) |
| … | … | … |
| 40 | 27.405 | Libre |
La CB, par sa large diffusion et sa simplicité d’utilisation, peut représenter un réseau de résilience communautaire en cas de crise majeure affectant les infrastructures de communication habituelles.
Son rôle principal en situation d’urgence réside alors plus dans la communication horizontale entre citoyens pour l’entraide et le partage d’informations locales que dans une liaison verticale garantie vers les services de secours officiels.
L’observation des sources disponibles suggère un déclin, voire une absence, d’une veille institutionnelle généralisée du Canal 9 CB par les services d’urgence, ces derniers se tournant vers des moyens de communication jugés plus fiables, sécurisés et interopérables pour leurs propres besoins, comme le futur Réseau Radio du Futur (RRF).
Les utilisateurs de la CB doivent donc être conscients de ces limites et ne pas fonder exclusivement leur stratégie de sécurité sur ce moyen.
PMR446 (Private Mobile Radio 446 MHz)
Les PMR446 sont des émetteurs-récepteurs portatifs conçus pour des communications radiophoniques à courte distance, fonctionnant dans la bande de fréquences UHF autour de 446 MHz.
Leur usage est libre en France et dans la plupart des pays européens, ce qui signifie qu’ils ne nécessitent ni licence d’opérateur, ni redevance annuelle.
Ils sont destinés tant au public pour les loisirs (randonnée, sports de plein air, etc.) qu’aux professionnels pour des besoins de coordination locale.
La réglementation des PMR446 est basée sur la norme européenne ETS 300 296 et encadrée en France par des décisions de l’ARCEP (notamment les décisions historiques 01-1147 et 01-1148, bien que certaines décisions ultérieures aient pu les amender ou abroger, comme la Décision n° 2019-300 qui a abrogé les décisions 2010-0925 et 2010-0926.
Les caractéristiques techniques essentielles sont une puissance apparente rayonnée (PAR) maximale de 500 milliwatts (0.5 W) et une antenne fixe et non interchangeable.
L’utilisation de stations de base ou de relais est interdite.
Canaux et Fréquences PMR446
Initialement, les PMR446 analogiques disposaient de 8 canaux.
La réglementation a évolué pour inclure davantage de canaux, tant en analogique qu’en numérique :
- PMR446 Analogique :
- Les 8 canaux historiques s’étendent de 446.00625 MHz à 446.09375 MHz, avec un espacement de 12.5 kHz (mais un pas d’incrémentation effectif de 6.25 kHz en raison d’un décalage).
- La bande a été étendue pour permettre jusqu’à 16 canaux analogiques, couvrant de 446.000 MHz à 446.200 MHz. La modulation utilisée est la FM étroite (NFM).
- PMR446 Numérique :
- Utilise les modes dPMR (FDMA) ou DMR Tier I (TDMA).
- Typiquement 16 canaux numériques dans la bande 446.100 MHz à 446.200 MHz, ou jusqu’à 32 canaux numériques si l’on considère la canalisation plus étroite de 6.25 kHz ou les deux slots temporels du DMR.
- La modulation est numérique (par exemple, 4FSK). Pour certains usages, la durée d’émission en numérique peut être limitée (par exemple, à 180 secondes) par une temporisation.
Usages d’urgence conventionnels et limitations
Contrairement aux services aéronautique ou maritime, il n’existe pas de canal d’urgence officiellement désigné et surveillé pour les PMR446 en France.
Les usages pour l’urgence sont donc basés sur des conventions non officielles établies par des communautés d’utilisateurs.
Il est crucial de comprendre que “cette liste est une indication optionnelle.
Les fréquences des PMR446 sont inaliénables et ne sont donc pas réservées à un usage unique”.
- Canaux analogiques conventionnels :
- Canal 8 (Analogique) : 446.09375 MHz. Souvent mentionné comme canal d’appel général (parfois désigné “8/8” si aucun code CTCSS n’est utilisé) et, par extension, comme canal de détresse potentiel (par exemple, “8/18” avec le code CTCSS 18, soit 123.0 Hz).
- Canal 7 (Analogique) : 446.08125 MHz. Utilisé avec le code CTCSS 7 (85.4 Hz), il est parfois désigné comme “Canal RRM” (Radio Rando Montagne) ou “Urgence montagne”.
- Canal 3 (Analogique) : 446.03125 MHz. Parfois associé aux “preppers” ou survivalistes, avec des codes CTCSS spécifiques (ex: CTCSS 33 soit 210.7 Hz, ou CTCSS 3 soit 74.4 Hz).
- Canaux numériques conventionnels :
- Canal 9 (Numérique dPMR/DMR) : 446.10625 MHz (selon la canalisation de 12.5 kHz). Suggéré pour la détresse et les catastrophes sans CTCSS en mode PMR simple, ou en DMR avec le Code Couleur 1 (CC1) et le Talk Group 99 (TG99) pour l’appel, ou le TG9112 pour la détresse.
- Canal 19 (Numérique dPMR) : Fréquence 446.115625 MHz (si l’on considère une canalisation de 6.25 kHz à partir de 446.100 MHz, ou un des canaux de la plage 446.100−446.200 MHz en 12.5 kHz). Parfois désigné pour l’Urgence Entraide (EmCom) en utilisant CC1 TG9112.
- En mode numérique DMR, la fonction “All Call” (appel général) peut être utilisée en dernier recours si un appel sur un TG spécifique reste sans réponse.
Limitations importantes :
- Portée : La portée des PMR446 est intrinsèquement limitée à quelques kilomètres en conditions optimales (terrain dégagé, crête à crête), et souvent bien moins en milieu urbain ou forestier (quelques centaines de mètres à 2-3 km). Elle est très sensible aux obstacles.
- Absence de veille officielle : Aucun service de secours n’assure une veille officielle de ces canaux. Un appel d’urgence ne sera entendu que par d’autres utilisateurs de PMR446 à portée et à l’écoute du même canal (et du même code CTCSS/DCS ou TG si utilisé).
- Interdiction des infrastructures : L’impossibilité d’utiliser des relais ou des stations fixes empêche toute extension significative de la portée.
Le tableau suivant donne un aperçu des canaux PMR446 et de leurs usages d’urgence conventionnels :
| N° Canal | Fréquence (MHz) | Type | Usage Conventionnel d’Urgence/Appel (Exemples) |
| 1 (Ana) | 446.00625 | Analogique | Route (1/9), Chasseurs (1/2 CTCSS 71.9 Hz) |
| 3 (Ana) | 446.03125 | Analogique | Preppers/Survivaliste (ex: 3/33 CTCSS 210.7 Hz) |
| 7 (Ana) | 446.08125 | Analogique | Radio Rando Montagne (RRM) / Urgence Montagne (7/7 CTCSS 85.4 Hz) |
| 8 (Ana) | 446.09375 | Analogique | Canal d’Appel (8/8), Canal Détresse (ex: 8/18 CTCSS 123.0 Hz) |
| 9 (Num) | 446.10625 | Numérique (dPMR/DMR) | Canal Détresse/Catastrophe (PMR), Appel (DMR CC1 TG99), Détresse (DMR CC1 TG9112) |
| 10-16 (Ana) | 446.10625−446.19375 | Analogique | Divers (extension des 8 canaux historiques) |
| 10-16 (Num) ou 17-32 (Num) | 446.11875−446.19375 (ou selon canalisation 6.25 kHz) | Numérique (dPMR/DMR) | Divers, dont Canal 19 dPMR (ex: 446.115625 MHz en 6.25kHz) pour Urgence Entraide (EmCom CC1 TG9112) |
Fréquences exactes et numérotation des canaux numériques peuvent varier légèrement selon les sources et la largeur de canal considérée (12.5 kHz ou 6.25 kHz). Les CTCSS/DCS et TG sont des exemples et peuvent varier.
L’omniprésence des PMR446, due à leur faible coût et à l’absence de licence, en fait des outils de communication de proximité très répandus.
Cependant, cette accessibilité ne doit pas masquer leurs limitations intrinsèques pour les communications d’urgence critiques nécessitant une intervention des secours organisés.
Leur véritable force réside dans la coordination locale au sein d’un groupe ou pour une entraide de voisinage immédiate.
Face à l’absence de désignation officielle de canaux d’urgence, les communautés d’utilisateurs (randonneurs, survivalistes, etc.) ont tenté de pallier ce manque par l’établissement de conventions propres.
Ces efforts, bien que louables, restent fragmentés et leur efficacité dépend de la connaissance de ces conventions par les autres utilisateurs à portée.
Un appel sur un “canal d’urgence” PMR446 n’a de chance d’être entendu que par d’autres passionnés ou utilisateurs avertis se trouvant à proximité immédiate et veillant activement ce canal spécifique.
Communications aéronautiques
Les communications radio dans le domaine aéronautique sont d’une importance capitale pour la sécurité des vols, la navigation et la gestion du trafic aérien.
Elles permettent les échanges entre les pilotes et les organismes du contrôle de la circulation aérienne (ATC), ainsi que les communications entre aéronefs (air-air).
Une grande rigueur dans l’élocution, la phraséologie et le respect des procédures est exigée de tous les intervenants.
Les équipements radio à bord des aéronefs doivent être homologués par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) ou l’autorité compétente.
Fréquences de détresse et d’urgence
Des fréquences spécifiques sont internationalement désignées pour les situations de détresse et d’urgence :
- 121.500 MHz (VHF AM) : C’est la fréquence internationale de détresse et d’urgence aéronautique. Elle est veillée en permanence par les centres de contrôle du trafic aérien, les tours de contrôle des aérodromes, les aéronefs militaires et civils en vol, et certains moyens de recherche et sauvetage (SAR). Les radiobalises de localisation de sinistres (ELT – Emergency Locator Transmitter) émettent également sur cette fréquence (ou conjointement avec la fréquence 406 MHz) pour faciliter le radioguidage des équipes de secours vers le lieu d’un accident.
- 243.000 MHz (UHF AM) : Cette fréquence est la fréquence de détresse et d’urgence militaire (parfois appelée MAD – Military Air Distress). Elle est également utilisée par certaines balises de détresse et pour les opérations SAR. Elle est harmoniquement liée à 121.500 MHz (double de la fréquence).
- Autres fréquences HF : Pour les vols océaniques ou dans des régions éloignées hors de portée VHF, des fréquences HF telles que 3023 kHz et 5680 kHz peuvent être utilisées pour les communications d’urgence.
- Fréquence en cours d’utilisation : En cas d’urgence, le premier réflexe du pilote est souvent d’utiliser la fréquence sur laquelle il est déjà en communication avec l’organisme de contrôle aérien compétent.
Procédures d’appel (MAYDAY, PAN-PAN) et réponse ATC
La décision de déclarer une situation de détresse (MAYDAY) ou d’urgence (PAN-PAN) incombe au commandant de bord de l’aéronef.
Les procédures d’appel sont standardisées pour assurer une compréhension immédiate et universelle.
Ces procédures sont détaillées dans les manuels de radiotéléphonie à l’usage de la circulation aérienne générale, publiés en France par le Service de l’Information Aéronautique (SIA) de la DGAC, et sont conformes aux standards de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale).
- Signal de Détresse – MAYDAY :
- Utilisé lorsqu’un aéronef est menacé d’un danger grave et imminent et requiert une assistance immédiate. Exemples : incendie à bord, panne moteur majeure sur monomoteur, arrêt de tous les moteurs, perte de contrôle, abandon imminent de l’appareil, carburant insuffisant pour atteindre un aérodrome.
- Message type :
- “MAYDAY, MAYDAY, MAYDAY”
- Nom de la station à laquelle l’appel est adressé (ex: “PARIS INFO”)
- Indicatif d’appel de l’aéronef (ex: “FOX-CHARLIE-VICTOR-PAPA”)
- Nature de la détresse (ex: “PANNE MOTEUR”, “FEU À BORD”)
- Position actuelle (latitude/longitude, ou par rapport à un repère connu)
- Niveau de vol ou altitude, et cap
- Intentions du commandant de bord (ex: “ATTERRISSAGE FORCÉ IMMINENT”, “DEMANDE GUIDAGE VERS L’AÉRODROME LE PLUS PROCHE”)
- Toute autre information utile (nombre de personnes à bord, type d’aéronef si non connu de la station, etc.)
- Le pilote doit également afficher le code 7700 sur son transpondeur pour alerter tous les radars de la situation de détresse.
- Signal d’Urgence – PAN-PAN :
- Utilisé lorsqu’une situation d’urgence concerne la sécurité d’un aéronef ou d’une personne à bord, mais qu’il n’y a pas de danger grave et imminent nécessitant une assistance immédiate. L’aéronef a besoin d’une assistance mais la situation n’est pas (encore) catastrophique. Exemples : panne d’un moteur sur un multimoteur, problème médical à bord nécessitant un déroutement mais sans pronostic vital engagé immédiatement, perte d’un système de navigation important, incertitude sur la position.
- Message type :
- “PAN-PAN, PAN-PAN, PAN-PAN” (prononcé “panne-panne”)
- Nom de la station à laquelle l’appel est adressé
- Indicatif d’appel de l’aéronef
- Nature de l’urgence
- Position, niveau/altitude, cap
- Intentions du commandant de bord
- Autres informations utiles.
- Un signal spécifique “PAN-PAN MEDICAL” peut être utilisé pour les transports sanitaires.40
- Réponse du Contrôle du Trafic Aérien (ATC) – DGAC/DSNA :Les contrôleurs aériens français suivent des procédures strictes à la réception d’un appel de détresse ou d’urgence 40 :
- Accusé de réception immédiat : Par exemple, “FOX-VICTOR-PAPA, MAYDAY ROGER” ou “FOX-VICTOR-PAPA, PAN-PAN ROGER”.
- Prise en charge des communications : L’organisme ATC qui reçoit l’appel prend la direction des communications de détresse/urgence ou la transfère à un autre organisme mieux placé, en informant l’aéronef.
- Imposition du silence (pour MAYDAY) : Si nécessaire pour protéger la fréquence, l’ATC peut imposer le silence aux autres aéronefs par le message “À TOUTES LES STATIONS, ARRÊTEZ TOUTES TRANSMISSIONS, MAYDAY” (ou “SILENCE MAYDAY”).
- Collecte d’informations : L’ATC s’efforce d’obtenir toutes les informations pertinentes de l’aéronef.
- Alerte des services de secours : L’ATC alerte immédiatement les Centres de Coordination de Sauvetage (RCC – Rescue Coordination Centre) compétents et tous les autres organismes susceptibles d’apporter une aide (services d’incendie d’aérodrome, SAMU, etc.).
- Fourniture d’assistance : L’ATC fournit toute l’assistance possible à l’aéronef (guidage radar, informations météorologiques, informations sur les aérodromes de dégagement, etc.).
- Gestion du trafic : Le trafic aérien environnant est géré de manière à faciliter l’évolution de l’aéronef en difficulté et les opérations de secours.
- Fin de la détresse/urgence : Lorsque la situation est résolue, l’ATC diffuse un message de fin de trafic de détresse (“TRAFIC DE DÉTRESSE TERMINÉ”).
Le système aéronautique met en œuvre une redondance des moyens d’alerte.
L’appel vocal sur la fréquence de contrôle ou sur 121.5 MHz, l’affichage du code transpondeur 7700, et l’activation (automatique ou manuelle) des balises de détresse ELT sur 406 MHz (détectées par le système satellitaire COSPAS-SARSAT) et 121.5 MHz (pour le radioguidage final) constituent une approche multicouche.
Cette multiplicité des canaux d’alerte vise à maximiser les chances de détection rapide et de localisation précise en cas d’incident.
Le rôle de l’ATC est central et proactif : il ne se contente pas de recevoir un message, mais il accuse réception, dirige les communications, impose le silence si besoin, et coordonne activement avec les services de recherche et de sauvetage.
Cette organisation structurée garantit une prise en charge institutionnelle des urgences aéronautiques, offrant un niveau de sécurité élevé.
Balises de détresse (ELT) et COSPAS-SARSAT
Les aéronefs sont généralement équipés de radiobalises de localisation de sinistres (ELT).
En cas d’impact violent, ces balises s’activent automatiquement (elles peuvent aussi être activées manuellement) et émettent des signaux de détresse.
- Les balises modernes émettent principalement sur la fréquence 406 MHz à 406.1 MHz. Ces signaux numériques sont détectés par le système international de satellites COSPAS-SARSAT, qui relaie l’alerte (avec l’identification de la balise et sa position si elle est équipée d’un GPS) aux centres de coordination de sauvetage (RCC) au sol.
- Beaucoup de balises 406 MHz émettent également un signal de radioguidage sur 121.5 MHz pour permettre aux équipes de recherche et sauvetage (aéronefs, véhicules terrestres) de localiser précisément le site de l’accident lors de la phase finale de la recherche.
- Le système COSPAS-SARSAT a été modernisé, privilégiant les signaux numériques sur 406 MHz, plus fiables et permettant une meilleure identification et localisation que les anciennes balises analogiques fonctionnant uniquement sur 121.5 MHz et 243.0 MHz.
Communications Maritimes
La radio VHF marine est considérée comme un outil de sécurité incontournable à bord d’un navire.
Son utilisation est réglementée et, dans de nombreux cas (navigation au-delà d’une certaine distance d’un abri, utilisation d’une VHF fixe ou d’une VHF portable avec Appel Sélectif Numérique – ASN), la détention d’un Certificat Restreint de Radiotéléphoniste (CRR) est obligatoire en France.
Le Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer (SMDSM), ou GMDSS en anglais, fournit un cadre international pour les communications de détresse et de sécurité.
Canal 16 VHF (156.800 MHz FM) : La voie royale de la détresse vocale
Le Canal 16 VHF est la fréquence internationale dédiée à la détresse, à l’urgence, à la sécurité et à l’appel en radiotéléphonie.
- Contact direct avec les CROSS : Il permet une mise en relation directe avec les Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) en France. Il existe cinq CROSS en métropole : Gris-Nez (Manche Est), Jobourg (Manche Centrale), Corsen (Atlantique Ouest Bretagne), Etel (Atlantique Golfe de Gascogne), et La Garde (Méditerranée).
- Veille par les autres navires : Le Canal 16 doit être veillé par les navires à la mer, ce qui favorise la solidarité des gens de mer et permet une assistance rapide par des navires se trouvant à proximité d’une détresse.
- Diffusion d’informations de sécurité : Les CROSS utilisent également le Canal 16 pour diffuser les Bulletins Météorologiques Spéciaux (BMS) et d’autres avertissements urgents aux navigateurs (AVURNAV), après un appel préalable annonçant la diffusion sur un canal de travail.
- Appel : Le Canal 16 peut être utilisé pour établir un premier contact avec une autre station (navire ou station côtière). Une fois le contact établi, les communications doivent impérativement être transférées sur un canal de travail (ex: 6, 8, 72, 77 pour les communications navire-navire) pour ne pas encombrer le canal de détresse.
Canal 70 VHF (156.525 MHz) : L’Appel sélectif numérique (ASN/DSC)
Le Canal 70 VHF est exclusivement réservé à l’Appel Sélectif Numérique (ASN), également connu sous son acronyme anglais DSC (Digital Selective Calling).
Toute communication vocale (phonie) y est strictement interdite.
- Fonctions de l’ASN : L’ASN permet de transmettre et de recevoir des alertes de détresse, d’urgence, de sécurité, ainsi que des appels de routine de manière automatisée et numérique.
- Alerte de détresse ASN : En cas de détresse, une simple pression prolongée sur le bouton “DISTRESS” d’une VHF ASN (correctement configurée) envoie une alerte numérique. Cette alerte contient :
- L’identité du navire (son numéro MMSI – Maritime Mobile Service Identity).
- La position du navire (si la VHF est connectée à un GPS ou possède un GPS interne).
- L’heure de la position.
- Éventuellement, la nature de la détresse (sélectionnée par l’utilisateur avant l’envoi, si le temps le permet : ex: incendie, voie d’eau, etc.).
- Avantages de l’ASN : Transmission rapide et fiable de l’alerte, réduction des risques d’erreur dus au stress, alerte silencieuse possible, atteinte des stations équipées ASN dans la portée VHF, y compris les CROSS.
Intégration des alertes ASN (Canal 70) et de la phonie (Canal 16) par les CROSS
Les CROSS sont équipés pour recevoir et traiter les alertes ASN provenant du Canal 70.
La procédure typique est la suivante :
- Un navire en détresse active son alerte ASN sur le Canal 70.
- Le CROSS compétent (et les navires environnants équipés d’ASN et à portée) reçoit cette alerte numérique. L’alerte contient l’MMSI du navire, sa position, et éventuellement la nature de la détresse.
- Le CROSS accuse réception de l’alerte de détresse ASN (généralement par un message ASN sur le Canal 70, ou parfois vocalement sur le Canal 16 s’il s’agit d’un relais d’alerte par un autre navire).
- Immédiatement après l’envoi de l’alerte ASN, ou suite à l’accusé de réception du CROSS, le navire en détresse doit émettre un message de détresse vocal MAYDAY sur le Canal 16 VHF. Ce message vocal permet de fournir des détails supplémentaires sur la situation, le nombre de personnes à bord, le type d’assistance requis, etc., et d’engager la coordination des secours.
- Le CROSS gère ensuite la situation de détresse en utilisant principalement le Canal 16 pour les communications vocales avec le navire en détresse et les unités de sauvetage. Il peut demander de passer sur un canal de travail pour les communications de coordination si le trafic sur le Canal 16 devient trop dense.
L’ASN sur le Canal 70 agit donc comme un “lanceur d’alerte” numérique extrêmement efficace, fournissant rapidement les informations d’identification et de localisation essentielles.
La communication vocale sur le Canal 16 reste indispensable pour la gestion détaillée de l’urgence, la confirmation des informations, et la coordination des opérations de sauvetage.
Les deux canaux sont donc complémentaires et leur utilisation conjointe est au cœur des procédures SMDSM en VHF.
L’efficacité de l’ASN dépend de manière critique de la programmation correcte du numéro MMSI dans la radio VHF et de sa connexion à une source GPS fonctionnelle.
Sans ces éléments, une alerte ASN perd une grande partie de sa valeur ajoutée (identification et localisation automatiques).
Rôle des CROSS
Les CROSS sont les piliers de la sécurité et du sauvetage en mer en France. Leurs missions incluent :
- La réception des alertes de détresse (VHF Canal 16, ASN Canal 70, MF/HF, balises de détresse 406 MHz, téléphone d’urgence 196).
- L’évaluation de la situation et la coordination des opérations de recherche et de sauvetage (SAR), en mobilisant les moyens appropriés (SNSM, Marine Nationale, Gendarmerie Maritime, Douanes, Sécurité Civile, moyens aériens, navires sur zone).
- La surveillance de la navigation maritime pour prévenir les accidents.
- La surveillance des pollutions marines.
- La diffusion des renseignements sur la sécurité maritime (RSM), incluant les bulletins météo et les AVURNAV.
Autres fréquences et systèmes maritimes d’urgence
- MF/HF (Ondes Moyennes / Ondes Courtes) : Pour les communications à longue distance, au-delà de la portée VHF (environ 20-30 milles marins). Des fréquences spécifiques sont allouées pour la détresse et la sécurité en phonie et en ASN (ex: 2182 kHz en phonie, 2187.5 kHz en ASN).
- NAVTEX : Système de diffusion automatique d’informations écrites sur la sécurité maritime (AVURNAV, BMS, alertes urgentes) sur 518 kHz (service international en anglais) et 490 kHz (service national, dans la langue du pays).
- Radiobalises de Localisation de Sinistres (RLS) / EPIRB : Émettent sur 406 MHz vers le système satellitaire COSPAS-SARSAT, et souvent un signal de ralliement sur 121.5 MHz.
- SART (Search and Rescue Transponder) : Transpondeur radar qui, une fois activé (par exemple sur un radeau de sauvetage), répond aux signaux radar des navires ou aéronefs de recherche, indiquant sa position sur leur écran radar.
Procédures Générales pour les Appels Radio d’Urgence
Une communication efficace en situation d’urgence est primordiale.
Des procédures standardisées existent pour garantir que les messages soient clairs, compris rapidement et universellement, quel que soit le service radio utilisé (principalement en aviation et en marine, mais les principes sont utiles pour tous).
Distinction et utilisation des signaux : MAYDAY, PAN-PAN, SÉCURITÉ
Trois signaux principaux sont utilisés pour classifier la nature et la priorité des messages d’urgence et de sécurité.
Ils doivent être répétés trois fois au début de la transmission.
- MAYDAY :
- Signification : Signal de détresse. Indique qu’un mobile (navire, aéronef) ou une personne est menacé d’un danger grave et imminent et requiert une assistance immédiate. C’est le signal de priorité la plus élevée.
- Quand l’utiliser : Incendie incontrôlable, naufrage ou chavirage imminent, voie d’eau importante, homme à la mer, panne moteur totale dans des conditions critiques (ex: monomoteur en vol, navire en approche de rochers par mauvais temps), problème médical mettant la vie en danger immédiat, abandon du mobile.
- Exemples : “MAYDAY, MAYDAY, MAYDAY, ici [Nom du navire/Indicatif aéronef]…”
- PAN-PAN : (prononcé “panne-panne”)
- Signification : Signal d’urgence. Indique une situation concernant la sécurité d’un mobile ou d’une personne, mais où il n’y a pas de danger grave et imminent pour la vie et où une assistance immédiate n’est pas requise pour sauver des vies. Ce signal a une priorité inférieure à MAYDAY mais supérieure à toutes les autres communications.
- Quand l’utiliser : Perte de propulsion sans danger immédiat (ex: panne moteur sur un voilier par beau temps loin des côtes, panne d’un moteur sur un bimoteur en vol mais l’autre fonctionne), démâtage sans risque de chavirage, avarie de gouverne limitant la manœuvrabilité mais sans danger immédiat, problème médical à bord nécessitant un avis ou une assistance médicale mais sans pronostic vital engagé sur le champ, incertitude grave sur sa position.
- Exemples : “PAN-PAN, PAN-PAN, PAN-PAN, à toutes les stations (ou nom station spécifique), ici [Nom du navire/Indicatif aéronef]…”
- SÉCURITÉ : (prononcé “sé-cu-ri-té”)
- Signification : Signal de sécurité. Utilisé pour transmettre un message concernant un avis important pour la sécurité de la navigation ou un avertissement météorologique important. Il a la priorité la plus basse des trois signaux d’urgence/sécurité, mais prime sur les communications de routine.
- Quand l’utiliser : Signalement d’un objet flottant non identifié (OFNI) dangereux pour la navigation, observation d’une bouée éteinte ou dérivante, diffusion d’un avis de coup de vent ou de tempête, information sur des exercices militaires ou des travaux en cours pouvant affecter la navigation.
- Exemples : “SÉCURITÉ, SÉCURITÉ, SÉCURITÉ, à toutes les stations, ici…”
Informations cruciales à transmettre
Quel que soit le signal utilisé, le message qui suit doit être structuré pour fournir rapidement les informations essentielles.
Un acronyme mnémotechnique souvent utilisé, notamment en marine pour un appel MAYDAY, est MIPDANIO, mais la structure générale est applicable avec des adaptations.
Les informations à fournir incluent typiquement :
- Signal (MAYDAY, PAN-PAN ou SÉCURITÉ) répété trois fois.
- Identification du mobile en difficulté (nom du navire, indicatif d’appel de l’aéronef, ou identification de la station).
- Position (latitude et longitude, ou par relèvement et distance par rapport à un point remarquable connu, ou position par rapport à une route/un aérodrome).
- Nature de la détresse, de l’urgence ou de l’information de sécurité (description concise de ce qui se passe).
- Assistance requise (type d’aide demandée : assistance médicale, remorquage, pompiers, etc. – principalement pour MAYDAY et PAN-PAN).
- Nombre de personnes à bord (POB – Persons On Board).
- Intentions du commandant de bord ou du responsable (ce qu’il compte faire : abandonner le navire, tenter un atterrissage forcé, etc.).
- Autres informations utiles (description du navire/aéronef – type, couleur, longueur – équipements de sauvetage disponibles, conditions météorologiques sur place, présence de blessés, etc.).
- Terminer l’émission par “À VOUS” (ou “OVER”) pour indiquer que l’on attend une réponse.
Importance de l’écoute active
L’écoute est aussi cruciale que l’émission :
- Avant d’émettre : Toujours écouter attentivement la fréquence pendant quelques secondes pour s’assurer qu’aucune communication, et surtout aucune communication d’urgence, n’est déjà en cours. Interrompre un trafic de détresse est une faute grave.
- Pendant une situation d’urgence : Si l’on n’est pas directement impliqué dans la détresse ou sa gestion, maintenir une veille silencieuse sur la fréquence. Noter les informations. Ne transmettre que si l’on peut apporter une aide concrète et que la station dirigeante le permet ou le demande.
- Après avoir émis un appel : Rester à l’écoute de la réponse et des instructions de la station côtière, de l’ATC ou d’une autre station qui a accusé réception.
Bonnes pratiques générales
- Parler clairement et calmement : Même en situation de stress, s’efforcer de parler distinctement, à une vitesse modérée.
- Utiliser l’alphabet phonétique international : Pour épeler les noms, indicatifs, ou mots importants afin d’éviter toute confusion (Alpha, Bravo, Charlie, Delta, Echo, Foxtrot, etc.).
- Être concis et précis : Fournir les informations essentielles sans discours superflu. Les fréquences d’urgence doivent rester disponibles.
- Suivre les instructions : Obéir aux instructions données par la station qui dirige le trafic de détresse ou d’urgence (CROSS, ATC, etc.).
- Préparation : Avoir à portée de main un mémo des procédures d’appel d’urgence et des informations clés concernant son propre mobile (nom, indicatif, MMSI, caractéristiques) peut s’avérer très utile en cas de besoin. Connaître le fonctionnement de son équipement radio est fondamental.
Le tableau suivant récapitule les procédures d’appel d’urgence :
| Signal (Répété 3x) | Signification | Quand l’utiliser (Critères) | Informations Clés à Fournir (Structure type) |
| MAYDAY | Détresse | Danger grave et imminent pour la vie ou le mobile. Assistance immédiate requise. | 1. MAYDAY (x3) 2. ICI (x3) 3. [Votre Position] 4. [Nature de la détresse] 5. 6. [Nombre de personnes à bord] 7. [Vos intentions] 8. [Autres informations utiles (description mobile, météo, etc.)] 9. À VOUS |
| PAN-PAN | Urgence | Sécurité du mobile ou d’une personne menacée, mais pas de danger grave et imminent. Assistance non immédiate pour sauver des vies. | 1. PAN-PAN (x3) 2. À TOUS (ou) (x3) 3. ICI (x3) 4. [Votre Position] 5. [Nature de l’urgence] 6. 7. [Nombre de personnes à bord] 8. [Vos intentions] 9. [Autres informations utiles] 10. À VOUS |
| SÉCURITÉ | Sécurité | Message important pour la sécurité de la navigation ou avertissement météorologique. | 1. SÉCURITÉ (x3) 2. À TOUS (ou [Zone géographique]) (x3) 3. ICI (x3) 4. 5. À VOUS |
La discipline radio est un aspect fondamental de l’efficacité des secours.
En situation d’urgence, les fréquences peuvent rapidement devenir saturées.
Des messages qui respectent les procédures standardisées, clairs et concis, permettent de transmettre l’information vitale sans délai et de libérer la fréquence pour la coordination des secours.
L’écoute attentive avant toute transmission est une règle d’or pour ne pas interférer avec un trafic potentiellement critique.
Au-delà de la connaissance technique des procédures, la préparation psychologique et matérielle joue un rôle non négligeable.
Le fait d’avoir à disposition un aide-mémoire des procédures, de s’être familiarisé avec le fonctionnement de son équipement radio et d’avoir anticipé mentalement la conduite à tenir en cas d’urgence peut significativement améliorer la capacité à réagir de manière appropriée et efficace sous l’emprise du stress.
Cette préparation en amont est une composante essentielle de la sécurité.
Sanctions en cas d’utilisation abusive des fréquences d’urgence
L’utilisation des fréquences radioélectriques, et plus particulièrement des fréquences d’urgence, est strictement réglementée afin de garantir leur disponibilité et leur efficacité lorsque des vies sont en jeu.
Toute utilisation abusive, qu’il s’agisse de fausses alertes, de brouillage intentionnel ou d’utilisation non conforme des équipements, est sévèrement réprimée par la loi française.
Cadre légal général et sanctions pour utilisation non conforme
L’utilisation du spectre radioélectrique sans autorisation ou avec des équipements non conformes constitue un délit.
Le Code des Postes et des Communications Électroniques (CPCE) est le texte de référence en la matière.
- L’article L.39-1 du CP&CE stipule que le fait d’utiliser une fréquence, une installation ou une station radioélectrique sans autorisation lorsque celle-ci est requise, ou en violation des conditions de cette autorisation, ou encore de causer un brouillage préjudiciable à d’autres services de radiocommunication autorisés, est passible de sanctions pénales. Ces sanctions peuvent aller jusqu’à six mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.
- L’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) est habilitée à rechercher et à constater ces infractions. Ses agents assermentés peuvent dresser des procès-verbaux transmis à l’autorité judiciaire. En outre, l’ANFR peut imposer une taxe forfaitaire de 450 euros pour couvrir les frais d’intervention liés à la constatation de l’infraction (par exemple, en cas de recherche d’une source de brouillage).
Ces dispositions s’appliquent à toute utilisation non conforme, y compris l’émission sur des fréquences réservées sans en avoir le droit, l’utilisation d’équipements non homologués ou modifiés pour émettre avec une puissance excessive, ou la provocation de brouillages, même involontaires, dus à un matériel défectueux ou mal installé.
Fausses alertes de détresse
Le déclenchement d’une fausse alerte de détresse est une infraction particulièrement grave en raison de la mobilisation inutile et coûteuse des moyens de secours (CROSS, SNSM, hélicoptères, etc.) et du risque de détourner ces moyens d’une urgence réelle.
- Bien que les snippets fournis ne citent pas directement l’article du Code pénal spécifique aux fausses alertes de sinistre, il est important de savoir que de telles dispositions existent (typiquement, l’article 322-14 du Code pénal français punit “le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information dans le but de faire croire qu’une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise”). Les sanctions peuvent inclure des peines d’emprisonnement et de lourdes amendes.
- Dans le contexte maritime, en cas d’émission accidentelle d’une fausse alerte ASN (Appel Sélectif Numérique), des procédures spécifiques existent pour annuler l’alerte immédiatement afin de minimiser l’impact sur les services de secours. Cela implique généralement d’éteindre l’émetteur, puis de le rallumer et de contacter immédiatement la station côtière ou le CROSS le plus proche par tout moyen disponible (phonie sur le Canal 16, téléphone) pour annuler l’alerte.
Brouillage intentionnel ou par négligence
Le brouillage des communications radioélectriques, en particulier celles des services d’urgence ou de sécurité (aviation, marine, forces de l’ordre), est une infraction sévèrement punie.
- L’utilisation de brouilleurs d’ondes (appareils conçus pour perturber les communications radioélectriques, par exemple les signaux GPS, les réseaux de téléphonie mobile, le Wi-Fi) est illégale en France. La simple possession de tels dispositifs peut être sanctionnée.
- Les brouillages peuvent également résulter de l’utilisation d’équipements radioélectriques non conformes, défectueux, ou mal installés (répéteurs de téléphonie mobile non autorisés, installations radioamateurs déréglées, etc.). Même si le brouillage n’est pas intentionnel, l’utilisateur de l’équipement en cause peut être tenu pour responsable.
L’impact du brouillage dépasse la simple gêne.
Il peut avoir des conséquences graves en empêchant des communications vitales, en perturbant le fonctionnement de systèmes de navigation ou de localisation, et en compromettant la sécurité des personnes.
L’ANFR joue un rôle actif dans la détection et la résolution des cas de brouillage, qu’ils soient causés par des équipements illégaux ou par des installations défectueuses.
Les sanctions prévues par la loi ont une double nature : elles peuvent être administratives, avec l’application de taxes par l’ANFR, et pénales, relevant des tribunaux, avec des amendes significatives et des peines d’emprisonnement pour les cas les plus graves.
Cette gradation des sanctions reflète la volonté des autorités de protéger l’intégrité du spectre radioélectrique, ressource essentielle au bon fonctionnement de nombreux services critiques pour la société.
Il incombe donc à chaque utilisateur de services radio de connaître et de respecter scrupuleusement la réglementation en vigueur, et de n’utiliser les fréquences et procédures d’urgence qu’en cas de nécessité avérée et justifiée.
La responsabilité individuelle est un gage de la fiabilité collective de ces systèmes de dernier recours.
Interopérabilité et évolutions futures des communications d’urgence en France
La capacité des différents services de secours et de sécurité à communiquer efficacement entre eux (interopérabilité) est un enjeu majeur lors de la gestion des crises et des catastrophes.
La France, comme de nombreux pays, s’efforce d’améliorer cette interopérabilité et de moderniser ses systèmes de communication d’urgence, en tirant parti des évolutions technologiques.
Le plan ORSEC et l’intégration des moyens radio
Le dispositif ORSEC (Organisation de la Réponse de SEcurité Civile) constitue le cadre départemental de gestion des situations d’urgence et des catastrophes en France.
Il vise à organiser la réaction des pouvoirs publics et à coordonner l’ensemble des acteurs impliqués : services de l’État (préfecture, police, gendarmerie, armées), services d’incendie et de secours (SDIS), service d’aide médicale urgente (SAMU), collectivités territoriales, opérateurs de réseaux, et associations agréées de sécurité civile.
L’un des aspects fondamentaux du plan ORSEC est la gestion des transmissions et la remontée d’informations fiables entre le terrain et les centres de commandement (Centre Opérationnel Départemental – COD en préfecture, Postes de Commandement Opérationnel – PCO).
Dans ce contexte, les moyens radio jouent un rôle essentiel, en particulier lorsque les réseaux de communication filaires ou cellulaires sont saturés ou endommagés.
- Les radioamateurs, via la FNRASEC et les ADRASEC, sont officiellement intégrés au dispositif ORSEC. Ils peuvent être sollicités par le préfet pour établir des réseaux de communication alternatifs, assurer des liaisons spécifiques, ou participer à des missions de recherche et de localisation (plan SATER).
- Les radios de service public, comme celles du réseau France Bleu, ont également un rôle à jouer en situation de crise pour la diffusion des consignes officielles et l’information de la population. En situation de crise, lorsque les réseaux téléphoniques et internet pourraient être défaillants, la radiodiffusion hertzienne offre une robustesse notable et devient un vecteur principal d’information.
Le Réseau Radio du Futur (RRF) : Vers une interopérabilité accrue
Pour répondre aux défis de l’interopérabilité et moderniser les communications des forces de sécurité intérieure (police, gendarmerie), des services de secours (sapeurs-pompiers, SAMU) et d’autres acteurs de la gestion de crise, l’état français a lancé le projet de Réseau Radio du Futur (RRF).
- Objectifs du RRF : Mettre en place un système de télécommunication unique, mutualisé, sécurisé, résilient et interopérable, basé sur les technologies mobiles à haut débit (4G et 5G). Ce réseau vise à remplacer progressivement les réseaux radio existants et souvent hétérogènes des différents services (comme l’INPT – Infrastructure Nationale Partageable des Transmissions, ou les réseaux propres à chaque SDIS ou force de police).
- Fonctionnalités attendues : Le RRF doit offrir non seulement des communications vocales de groupe prioritaires et sécurisées, mais aussi des services de données à haut débit (transmission d’images, de vidéos, accès à des bases de données en mobilité, géolocalisation précise des intervenants).
- Interopérabilité : L’un des gains majeurs attendus du RRF est de faciliter la communication directe et fluide entre les personnels de services différents lors d’opérations conjointes, en brisant les “silos” de communication existants.
- Déploiement et impact : Le déploiement du RRF est un projet d’envergure qui s’appuiera sur les infrastructures des opérateurs de téléphonie mobile (notamment Orange et Bouygues Télécom comme opérateurs de référence, avec des accords d’itinérance avec les autres). Il aura également des implications pour les Établissements Recevant du Public (ERP) de grande taille ou avec des niveaux en sous-sol, qui devront assurer une couverture radioélectrique compatible avec le RRF pour permettre aux services de secours d’utiliser leurs terminaux à l’intérieur des bâtiments.
Le RRF représente un changement de paradigme significatif, passant de réseaux radio spécialisés et souvent cloisonnés à une plateforme de communication nationale unifiée et à large bande.
Cette évolution est destinée à transformer la gestion des interventions d’urgence et des crises majeures en améliorant la coordination, la connaissance de la situation (situation awareness) et l’efficacité globale des acteurs de la sécurité et du secours.
Évolution vers les technologies numériques
La transition vers le numérique est une tendance de fond qui touche tous les types de radiocommunications, y compris celles utilisées pour les urgences.
- Radioamateurs : Au-delà des modes analogiques traditionnels (phonie AM/FM/BLU, CW), les radioamateurs explorent et utilisent de plus en plus les modes numériques tels que le DMR (Digital Mobile Radio), le D-STAR, ou le C4FM (System Fusion). Ces technologies offrent une meilleure qualité audio, une plus grande efficacité spectrale, et des fonctionnalités de transmission de données. L’intégration de l’intelligence artificielle pour l’analyse de signaux et l’optimisation des transmissions, ainsi que l’utilisation de satellites amateurs (CubeSats) pour des communications à longue portée ou spatiales, ouvrent également de nouvelles perspectives.
- PMR446 : La bande PMR446 a également vu l’introduction de canaux numériques (dPMR446 en FDMA, DMR Tier I en TDMA) aux côtés des canaux analogiques traditionnels. Ces modes numériques permettent une meilleure qualité vocale, une plus grande confidentialité (bien que le chiffrement ne soit pas autorisé sur PMR446) et la possibilité de services de données simples comme les SMS.
- Services de secours : Le RRF, basé sur les technologies 4G/5G LTE, est l’exemple le plus marquant de cette numérisation.
- Marché des talkies-walkies : Le marché global des talkies-walkies (qui inclut les PMR446 mais aussi des équipements professionnels) montre une tendance à l’adoption croissante des technologies numériques et à l’intégration avec les réseaux cellulaires (LTE) pour des fonctionnalités étendues.
Défis et perspectives
Si le RRF et la numérisation promettent des avancées majeures en termes de capacités et d’interopérabilité, des défis subsistent. La couverture complète du territoire, y compris dans les zones rurales ou difficiles d’accès, la résilience des réseaux face à des pannes majeures d’électricité ou à des cyberattaques, et la gestion de la transition depuis les systèmes existants sont des enjeux importants.
Néanmoins, l’évolution historique des communications d’urgence en France témoigne d’une adaptation constante aux progrès technologiques et aux besoins croissants de sécurité.
Des premiers réseaux de secours en montagne, souvent locaux et limités, à l’intégration formelle des radioamateurs dans les plans ORSEC dès 1972, en passant par la modernisation continue de systèmes comme COSPAS-SARSAT et le rôle des médias publics en cas de crise, jusqu’au projet ambitieux du RRF, la tendance est à une structuration, une professionnalisation et une recherche constante d’amélioration.
Il est probable que l’avenir verra une coexistence et une complémentarité des technologies.
Le RRF deviendra la norme pour les communications critiques des services de secours organisés, mais les systèmes radio “traditionnels” (HF, VHF/UHF analogiques et numériques pour les radioamateurs, CB, PMR446) conserveront leur pertinence.
Ils offrent une autonomie par rapport aux grandes infrastructures, une simplicité d’utilisation pour certains, et une capacité de communication de dernier recours lorsque tout le reste est défaillant.
Cette diversité technologique, si elle est bien comprise et gérée, peut contribuer à une résilience globale accrue face aux crises.
Conclusion
La connaissance précise et le respect rigoureux des fréquences et procédures d’urgence constituent une responsabilité fondamentale pour tous les utilisateurs de services radio en France.
Qu’il s’agisse de radioamateurs chevronnés, de professionnels de l’aviation ou de la marine, ou de simples citoyens utilisant des équipements de type Citizen Band ou PMR446, la capacité à communiquer efficacement en situation de crise peut avoir un impact direct sur la sécurité des personnes et l’efficacité des secours.
Ce rapport a détaillé le cadre réglementaire complexe qui régit ces communications, les fréquences spécifiques allouées à chaque service, ainsi que les procédures standardisées pour les appels de détresse, d’urgence et de sécurité.
L’analyse des différents systèmes révèle une hétérogénéité notable, allant des réseaux hautement structurés et surveillés de l’aviation et de la marine, où les appels sont pris en charge par des organismes dédiés comme l’ATC et les CROSS, aux systèmes plus communautaires comme la CB et le PMR446, où la veille repose davantage sur l’initiative citoyenne.
Les radioamateurs, à travers la FNRASEC et les ADRASEC, occupent une position intermédiaire, avec une intégration formelle dans les dispositifs de sécurité civile tout en conservant une grande autonomie technique.
Il ressort que la technologie, bien qu’essentielle, ne constitue qu’une partie de la solution.
L’efficacité des communications d’urgence repose de manière critique sur la formation, la préparation et la discipline des utilisateurs.
La maîtrise des procédures, la clarté des messages, l’écoute active avant d’émettre et le respect des directives des stations coordinatrices sont des compétences indispensables.
La préparation en amont, qu’il s’agisse de la configuration correcte des équipements (MMSI, GPS pour l’ASN), de la disponibilité de mémos de procédure, ou de la participation à des exercices, est un facteur clé de succès.
La France poursuit activement la modernisation de ses capacités de communication d’urgence, notamment avec le déploiement du Réseau Radio du Futur (RRF).
Ce projet ambitieux vise à surmonter les défis historiques d’interopérabilité entre les différents services de secours et de sécurité en leur fournissant une plateforme commune, sécurisée et à haut débit.
Parallèlement, les technologies numériques continuent de transformer les pratiques au sein des communautés d’utilisateurs radio plus traditionnelles, offrant de nouvelles potentialités.
En définitive, la sécurité des communications en situation de crise est une responsabilité partagée.
Si l’État et les organismes de secours ont le devoir de mettre en place et de maintenir des systèmes performants et résilients, chaque utilisateur de l’outil radio, quel qu’il soit, a l’obligation de l’employer avec discernement, compétence et responsabilité.
C’est à cette condition que les fréquences d’urgence pourront pleinement jouer leur rôle vital de dernier recours lorsque chaque seconde compte pour la sauvegarde des vies humaines.
L’utilisation abusive ou négligente de ces canaux critiques non seulement enfreint la loi et expose à des sanctions, mais peut surtout compromettre des opérations de secours et mettre en danger autrui.
Une culture de la sécurité et de la préparation, diffusée et adoptée par tous les acteurs, est le gage d’une résilience collective face aux aléas et aux crises.
Sources principales utilisées pour cet article:
- OlduCom – Numéros et fréquences radio d’urgence
- mer.gouv.fr – Gestes et conseils : la radio VHF, un outil pour améliorer sa sécurité
- anfr.fr – Le CRR – ANFR / anfr.fr – Le TNRBF – ANFR
- adrasec08.fr – Procédure d’urgence IARU – ADRASEC 08 – Sécurité Civile
- bateaux.com – MAYDAY ou PAN PAN ? Quel message de détresse utiliser ?
LISTE DES STATIONS DE RADIOCOMMUNICATION D’URGENCE EN FRANCE VIA DXRN
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Rédacteur: 14HS51 Joel T. – Création DXRN® – DX Radio Via Net®